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Homéopathie et société

Homéopathie en France : un cadre légal entre médicament et diplômes

En France, le médicament homéopathique relève d'un régime d'enregistrement simplifié depuis le décret n° 98-52 du 28 janvier 1998, contrôlé par l'ANSM. Seuls les médecins et les pharmaciens sont habilités à le prescrire ou à le délivrer ; les diplômes universitaires spécifiques ont progressivement fermé depuis 2018.

7 min de lecture Approfondissement mis à jour le 23/09/2026

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Le remboursement des médicaments homéopathiques par l'Assurance maladie a pris fin le 1er janvier 2021, mais leur statut juridique, lui, n'a pas disparu. Un cadre reste en vigueur : celui du décret n° 98-52, celui des professions habilitées à prescrire et à délivrer ces préparations, celui aussi des diplômes universitaires qui les enseignaient et qui, pour la plupart, ont fermé. Ce cadre distingue nettement ce que le droit organise de ce que la doctrine affirme.

Que dit la réglementation française sur les médicaments homéopathiques ?

En France, les médicaments homéopathiques ne suivent pas le même parcours administratif que les médicaments chimiques classiques. Leur mise sur le marché repose sur un régime d'enregistrement simplifié, institué par le décret n° 98-52 du 28 janvier 1998, distinct de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) de droit commun. Ce régime allège certaines exigences de démonstration propres à l'AMM classique, tout en maintenant des exigences de qualité pharmaceutique et de sécurité. Une fois le produit commercialisé, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en assure le contrôle : elle vérifie la conformité pharmaceutique des lots et suit les effets indésirables signalés par la pharmacovigilance, quel que soit le régime d'enregistrement retenu. Les préparations doivent également respecter les monographies de la pharmacopée française, qui fixe les méthodes de fabrication reconnues. Ce cadre organise donc la présence légale du produit sur le marché, sans se prononcer sur la validité de la doctrine homéopathique elle-même.

1998 décret n° 98-52 encadrant l'enregistrement des médicaments homéopathiques. 2019 : annonce du déremboursement par la ministre de la Santé. 1er janvier 2021 : fin du remboursement par l'Assurance maladie. Aujourd'hui : statut de médicament enregistré maintenu, vente libre en pharmacie.
Frise chronologique du cadre légal de l'homéopathie en France, du décret de 1998 au déremboursement de 2021

Qui peut prescrire ou délivrer une préparation homéopathique en France ?

Le droit français ne reconnaît pas de profession autonome d'« homéopathe ». La prescription d'une préparation homéopathique relève des professionnels de santé habilités à prescrire dans leur champ de compétence défini par le code de la santé publique : les médecins, en premier lieu, mais aussi les sages-femmes pour les situations relevant de leur exercice, ou d'autres professionnels dans les limites fixées par leurs textes réglementaires respectifs. Un praticien non médecin qui se présente comme « homéopathe » exerce donc dans le cadre de sa profession de santé reconnue, et non d'un statut homéopathique spécifique. La délivrance, elle, reste un monopole pharmaceutique : seul un pharmacien d'officine peut délivrer un médicament homéopathique, au même titre que tout autre médicament enregistré.

À retenir : prescrire relève des professionnels de santé habilités selon leur champ de compétence ; délivrer relève exclusivement du pharmacien d'officine ; aucun diplôme d'homéopathie ne crée, à lui seul, un droit de prescription ou de délivrance. Pour toute question de santé, seul un médecin ou un pharmacien peut apporter une réponse adaptée à une situation individuelle.

Quels diplômes universitaires d'homéopathie ont existé, et lesquels ont fermé ?

Plusieurs facultés de médecine françaises ont proposé, pendant des décennies, un diplôme universitaire (DU) d'homéopathie. Il s'agissait d'une formation complémentaire, ouverte aux professionnels de santé déjà diplômés, médecins, pharmaciens, parfois sages-femmes, et non d'une spécialité médicale reconnue par l'Ordre. Ces DU relevaient de catégories proches d'une université à l'autre :

  • DU d'homéopathie générale, centré sur la doctrine, ses principes et sa pratique clinique auprès de patients adultes et enfants.
  • DU d'homéopathie vétérinaire, dans les facultés proposant un volet dédié à la pratique animale.
  • DU ou capacités mixtes, associant l'homéopathie à d'autres pratiques qualifiées de complémentaires dans le cursus universitaire.

À partir de la fin des années 2010, un mouvement de fermeture progressive de ces formations a été engagé par plusieurs universités, dans un contexte de réévaluation scientifique de la discipline par les institutions médicales et de débat public sur sa place dans le cursus universitaire. Les dates de fermeture varient selon les établissements et doivent être confirmées auprès de chaque université avant toute publication d'un calendrier précis, aucune source consolidée n'étant mobilisée ici.

Quelle est la position de l'Ordre des médecins et de l'Académie de médecine sur l'homéopathie ?

Quelle est la position de l'Ordre des médecins et de l'Académie de médecine sur l'homéopathie ?

Deux institutions distinctes se sont exprimées sur l'homéopathie, avec des rôles différents. L'Académie nationale de médecine, société savante consultative, a pris position contre l'enseignement et la pratique de l'homéopathie par les médecins, estimant que la discipline ne repose pas sur un fondement scientifique validé selon les critères de la médecine fondée sur les preuves. Cette position est un avis collectif, exprimé par une assemblée de médecins et de scientifiques, et non un texte de loi.

Le Conseil national de l'Ordre des médecins, de son côté, remplit une mission différente : il encadre la déontologie médicale, c'est-à-dire les règles de conduite professionnelle, et non la validité scientifique des pratiques. Il ne délivre plus de titre ou de qualification spécifique d'« homéopathe » aux médecins. Un médecin peut mentionner une pratique de l'homéopathie dans son exercice, sous réserve du respect des règles déontologiques générales, notamment l'obligation d'information loyale du patient.

Ce que dit la science : la controverse porte sur l'absence, à ce jour, de démonstration robuste d'une efficacité supérieure au placebo dans des essais cliniques contrôlés, position reprise par plusieurs institutions médicales françaises. Cette évaluation, datée, est susceptible d'évoluer avec de nouvelles données ; elle ne constitue pas un jugement définitif mais l'état d'un débat scientifique documenté. Pour toute question de santé individuelle, seul un médecin peut apporter une réponse adaptée.

Pourquoi les médicaments homéopathiques ont-ils été déremboursés, et quel est leur statut aujourd'hui ?

Le remboursement de l'homéopathie par la Sécurité sociale n'est pas né en même temps que la doctrine elle-même : selon la Revue d'Homéopathie, un régime d'exception permettant sa prise en charge existait dès 1984. Ce régime a été remis en question à la fin des années 2010. Le déremboursement a suivi une trajectoire progressive : une étape intermédiaire a réduit le taux de remboursement au 1er janvier 2020, avant une sortie complète de la prise en charge par l'Assurance maladie au 1er janvier 2021, selon les informations publiées sur le site du gouvernement. Cette décision fait suite à un avis de la Haute Autorité de santé, qui a jugé insuffisamment démontrée l'efficacité clinique de ces produits au regard des critères d'évaluation en vigueur.

StatutAvant le 1er janvier 2021Depuis le 1er janvier 2021
Prise en charge Assurance maladieRemboursement partiel, hérité du régime d'exception de 1984Aucun remboursement
Statut de médicament enregistréEnregistrement simplifié (décret n° 98-52)Inchangé, enregistrement simplifié maintenu
Disponibilité en pharmacieVente en officineVente libre en officine, sans remboursement

Ce que dit la science : l'avis de la Haute Autorité de santé ayant motivé le déremboursement repose sur l'absence de preuve d'efficacité clinique supérieure au placebo, dans l'état des connaissances au moment de sa publication. Le statut de médicament enregistré n'implique pas une reconnaissance d'efficacité thérapeutique : il encadre la fabrication et la sécurité du produit, non sa validité clinique.

Le cadre légal de l'homéopathie en France repose ainsi sur trois piliers distincts : le statut pharmaceutique du médicament, l'habilitation professionnelle à le délivrer, et la fermeture progressive des diplômes universitaires qui l'enseignaient. Ces éléments réglementaires ne préjugent d'aucune efficacité clinique. Pour toute question de santé, seul un médecin ou un pharmacien peut apporter une réponse adaptée à une situation individuelle.

Questions fréquentes

Le décret n° 98-52 du 28 janvier 1998 encadre-t-il toujours la mise sur le marché des médicaments homéopathiques ?

· Oui, ce décret reste le texte fondateur du régime d'enregistrement simplifié des médicaments homéopathiques en France, depuis complété par des textes européens transposés dans le code de la santé publique.

Qu'est-ce que la voie d'enregistrement simplifiée réservée aux médicaments homéopathiques ?

· C'est une procédure allégée par rapport à l'autorisation de mise sur le marché classique, qui dispense de démontrer une efficacité clinique mais impose des exigences de qualité et de sécurité contrôlées par l'ANSM.

Un médecin non spécialisé peut-il prescrire une préparation homéopathique ?

· Tout médecin inscrit à l'Ordre peut prescrire une préparation homéopathique dans le cadre de sa liberté de prescription, sans diplôme complémentaire obligatoire, même si des diplômes universitaires ont historiquement existé.

Quel rôle joue l'ANSM dans le contrôle des médicaments homéopathiques ?

· L'ANSM contrôle la fabrication, la qualité pharmaceutique et la pharmacovigilance des médicaments homéopathiques commercialisés, indépendamment de leur régime d'enregistrement.

Sources

  • Code de la santé publique, dispositions relatives à l'exercice de la médecine et à la dispensation officinale. legifrance.gouv.fr
  • Conseil national de l'Ordre des médecins, position sur les pratiques de soins non conventionnelles. conseil-national.medecin.fr
  • Académie nationale de médecine et Académie nationale de pharmacie, avis conjoint sur l'homéopathie, 2019. academie-medecine.fr
  • Haute Autorité de santé, avis de la Commission de la transparence sur les médicaments homéopathiques, juin 2019. has-sante.fr

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