La déclaration EASAC (2017) des académies des sciences européennes
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Ce texte prolonge un débat relancé en 2017 par le rapport de l'EASAC sur les pratiques dites alternatives.
Ce désaccord chiffré, resté minoritaire mais net, s'inscrit dans un dossier rouvert deux ans plus tôt par un rapport du Conseil des académies des sciences européennes sur les médecines dites alternatives. Le texte ne relève d'aucune polémique isolée ; il ponctue un débat institutionnel de plusieurs années.
Le quotidien Est Républicain confirme le même décompte dans son édition du lendemain. Ce texte n'émane donc pas d'une seule institution isolée : il porte la signature conjointe de deux académies savantes distinctes, l'une centrée sur la médecine, l'autre sur la pharmacie, ce qui lui donne un poids institutionnel particulier. Le débat n'est pas né en 2019. FranceInfo situe la déclaration dans un climat déjà tendu, réactivé depuis la publication par l'EASAC, le conseil des académies des sciences européennes, d'un rapport critique sur l'homéopathie.
À ces trois axes s'ajoute une préoccupation de santé publique : le risque qu'un patient retarde le recours à une prise en charge conventionnelle en s'en remettant d'abord à l'homéopathie. Le texte formule là une position de doctrine institutionnelle, que l'historien des sciences distingue soigneusement d'un résultat d'essai clinique daté et référencé.
Le Monde résume la portée pratique du texte en une phrase : les académies de médecine et de pharmacie jugent que l'homéopathie ne doit plus être remboursée par l'Assurance maladie. Les patients demeurent libres d'y recourir ; seule la question du financement public est visée. La décision administrative de suppression progressive du remboursement, prise ensuite par les pouvoirs publics, relève d'un processus distinct de celui d'un avis académique : ce dernier formule une recommandation, l'État tranche la politique de santé.

Trois textes jalonnent ce dossier institutionnel, chacun de nature différente. Le tableau suivant les situe les uns par rapport aux autres :
| Texte | Nature | Position résumée |
|---|---|---|
| Rapport de l'EASAC | Avis scientifique européen, conseil des académies des sciences | Alerte sur l'absence de preuve d'efficacité et déconseille le financement public de l'homéopathie |
| Évaluation de la Haute Autorité de santé | Expertise technique française, méthodologie d'évaluation du médicament | Conclut à un service médical rendu jugé insuffisant, fondement du déremboursement |
Ces trois démarches convergent vers une même conclusion pratique, la fin de la prise en charge, mais elles ne procèdent pas de la même méthode : l'EASAC parle à l'échelle européenne, la Haute Autorité de santé instruit un dossier technique, les académies françaises rendent un avis de nature plus doctrinale. Les confondre reviendrait à effacer ce qui distingue une évaluation méthodologique d'une prise de position argumentée.
Un article de destinationsante.com daté du 19 février 2021 y renvoie encore pour présenter la position conjointe des académies nationales de médecine et de pharmacie, signe que le texte n'a pas été supplanté par une déclaration plus récente. L'historien des sciences rappelle ici une distinction essentielle : l'homéopathie, doctrine élaborée par Samuel Hahnemann en 1796, reste un objet d'étude historique et institutionnel ; la déclaration de 2019 documente un débat scientifique et administratif, elle ne se substitue en rien à un avis médical individuel. Ce que dit la science évolue avec de nouveaux travaux ; ce que dit un avis académique reflète l'état des connaissances et des débats à la date où il est rendu. Pour toute question de santé personnelle, le renvoi au médecin ou au pharmacien reste la seule réponse appropriée, ce texte n'ayant qu'une valeur documentaire.
Le texte invoque l'absence de preuve d'efficacité au delà de l'effet placebo, l'incompatibilité des dilutions extrêmes avec la physico-chimie établie, et le risque que l'enseignement universitaire de la doctrine retarde le recours aux soins conventionnels.
L'avis recommande la fin du remboursement par l'Assurance maladie, comme le confirme Le Monde, mais la décision administrative de déremboursement relève ensuite des pouvoirs publics, dans un processus distinct de la déclaration académique elle-même.
La Haute Autorité de santé conduit une évaluation technique concluant à un service médical rendu insuffisant.
Pour toute question de santé, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien reste la seule référence pertinente, l'homéopathie ne se substituant à aucun traitement ni à aucune vaccination.
· La publication en 2017 d'un rapport de l'EASAC, critique sur l'absence de preuve d'efficacité à l'échelle européenne, a remis le sujet à l'ordre du jour institutionnel en France.
· L'EASAC concluait dès 2017 à l'absence de preuve d'efficacité au niveau européen et déconseillait le financement public, une position reprise par les académies françaises deux ans plus tard.
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