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Science et controverse

Pourquoi le NHS a cessé de financer l'homéopathie en 2017

En 2017, le NHS England annonce l'arrêt du financement des prescriptions homéopathiques par les services de santé locaux, invoquant l'absence de preuve d'efficacité au-delà du placebo. La décision s'appuie sur une consultation publique et sur un rapport parlementaire de 2010 déjà critique envers cette pratique.

5 min de lecture Référence mis à jour le 26/10/2026

royaume uni 2017 la fin du financement par le nhs

En 1948, l'homéopathie entre dans le tout jeune National Health Service comme une thérapie remboursable parmi d'autres. Près de soixante-dix ans plus tard, une consultation publique lancée par NHS England aboutit à sa sortie de la liste des traitements financés. L'épisode, resté relativement discret en France, s'inscrit dans une histoire plus longue : celle d'un rapport parlementaire de 2010 déjà sévère, puis d'un recours porté en justice en 2018.

Que décide le NHS en 2017 sur le remboursement de l'homéopathie ?

En 2017, le NHS England, l'organisme qui pilote le système de santé publique en Angleterre, ouvre une consultation publique sur une liste de traitements dont le financement doit cesser. Le Monde confirme par la suite qu'en Angleterre, les services de santé ne financent plus l'homéopathie, au nom de l' absence de preuve d'efficacité au-delà du placebo. Il s'agit d'une orientation adressée aux organismes locaux (CCG), pas d'une interdiction de la pratique elle-même : un patient peut toujours consulter un homéopathe, mais sans prise en charge publique du traitement.

Quels rapports et arguments préparent cette décision dès 2010 ?

La décision de 2017 ne surgit pas du néant. Elle s'appuie sur des travaux et des arguments accumulés depuis plusieurs années :

  • Le rapport parlementaire de 2010 : la commission Science and Technology de la Chambre des communes publie « Evidence Check 2 : Homeopathy », qui conclut à l'absence de preuve dépassant l'effet placebo et recommande l'arrêt du financement public.
  • La priorisation budgétaire : en 2017, le NHS met en avant la nécessité de concentrer les dépenses de santé sur des traitements aux bénéfices mieux établis.
  • Le faible volume de prescriptions : la presse de l'époque souligne que le coût administratif de gestion des prescriptions homéopathiques est jugé disproportionné au regard des sommes réellement en jeu.
  • Une opposition politique persistante : le député conservateur David Tredinnick, élu à la Chambre des communes de 1987 à 2019, défend publiquement le maintien du financement, sans infléchir la décision finale du NHS.

Ce faisceau d'arguments, scientifique et budgétaire, prépare le terrain pour la bascule effective de 2017.

Quelle bataille juridique engage la British Homeopathic Association en 2018 ?

La décision de NHS England ne met pas fin au débat. La British Homeopathic Association engage un recours devant la justice britannique, une procédure de type judicial review, pour contester la validité de la consultation ayant conduit à l'exclusion du financement. Selon Alternative Santé, qui rend compte de cette mobilisation, l'association dénonce l'arrêt du financement d'un ensemble de dix-huit traitements, dont l'homéopathie, les plantes médicinales, la glucosamine-chondroïtine et certains antioxydants. La Haute Cour britannique examine les arguments procéduraux avancés et rejette le recours, confirmant la légalité de la décision de NHS England. Cette issue judiciaire clôt la contestation portée par les praticiens sans rouvrir la question du financement : la voie légale n'a pas permis d'obtenir le rétablissement de la prise en charge. Le débat se poursuit ensuite sur le terrain de l'opinion et de la littérature scientifique, mais plus sur celui du droit administratif britannique.

Comment ce calendrier britannique se compare-t-il au déremboursement français ?

Comment ce calendrier britannique se compare-t-il au déremboursement français ?

Le Royaume-Uni et la France suivent des trajectoires distinctes, avec un décalage de plusieurs années :

ÉtapeRoyaume-UniFrance
Rapport ou avis fondateurRapport de la Chambre des communes, 2010Avis défavorable de la Haute Autorité de santé
Décision administrativeConsultation puis décision du NHS England, 2017Réduction progressive du taux de remboursement
ContestationRecours de la British Homeopathic Association rejeté par la Haute Cour, 2018Débat public et professionnel, sans recours équivalent documenté ici
IssueFin du financement public dès 2017Déremboursement total au 1er janvier 2021

Selon consoGlobe, la France reste alors le premier marché mondial de l'homéopathie au moment même où le Royaume-Uni engage son déremboursement, ce qui souligne le contraste entre les deux pays sur cette période.

Que retenir de cette controverse près de dix ans après ?

L'épisode britannique met en regard deux registres qu'il convient de distinguer avec soin. D'un côté, la doctrine homéopathique, fondée sur le principe de dilution et la loi de similitude formulée par Samuel Hahnemann en 1796 : ses praticiens y voient un mode d'action spécifique. De l'autre, ce qu'établit la recherche clinique à la date des rapports cités, à savoir l'absence de preuve d'une efficacité supérieure au placebo, constat repris aussi bien par la commission parlementaire de 2010 que par les positions ultérieures du NHS.

À retenir : la décision britannique porte sur le financement public, pas sur l'interdiction de la pratique. Un patient reste libre de consulter un homéopathe et de payer ce service, en Angleterre comme en France.
Ce que dit la science : les rapports mobilisés dans cet épisode qualifient l'homéopathie de pratique dont l'efficacité n'est pas démontrée au-delà de l'effet placebo, ce qui la range, comme d'autres approches non conventionnelles, hors du champ de la médecine fondée sur les faits.

Pour toute question de santé personnelle, ce document invite le lecteur à s'adresser à un médecin ou à un pharmacien.

Questions fréquentes

Quand l'homéopathie a-t-elle cessé d'être remboursée en Angleterre ?

· Selon Le Monde, le NHS ne finance plus les prescriptions homéopathiques depuis novembre 2017, à l'issue d'une consultation publique lancée la même année.

Pourquoi le NHS a-t-il arrêté de financer l'homéopathie ?

· Le NHS invoque l'absence de preuve d'efficacité au-delà de l'effet placebo, conclusion déjà posée par un rapport parlementaire de 2010, et la nécessité de prioriser les dépenses vers des traitements dont l'efficacité est établie.

La British Homeopathic Association a-t-elle obtenu gain de cause devant la justice ?

· Non. La Haute Cour britannique a rejeté son recours en 2018, confirmant la légalité de la décision de NHS England.

Le déremboursement français suit-il le même calendrier que le britannique ?

· Non. La France a engagé un processus distinct, avec un avis de la Haute Autorité de santé en 2019 suivi d'un déremboursement total au 1er janvier 2021, plusieurs années après la décision britannique.

Quel est l'équivalent du NHS en France ?

En France, le pilotage de l'assurance maladie et des politiques de remboursement relève de l'Assurance Maladie et de la Haute Autorité de santé, qui rend les avis sur le service médical rendu. Le NHS britannique combine à la fois financement et organisation des soins, un périmètre plus large que son équivalent français.

L'homéopathie est-elle scientifiquement prouvée à ce jour ?

Non. Les rapports mobilisés dans cet épisode, dont celui de la Chambre des communes en 2010, concluent à l'absence de preuve d'efficacité supérieure au placebo. Ce constat est repris par les décisions administratives britanniques et françaises évoquées ici, sans que cela ne juge la pratique en tant que choix personnel.

Quelle homéopathie pour les aphtes ?

Ce document a une vocation historique et documentaire, il ne formule aucune recommandation de traitement ni de posologie. Pour toute question sur la prise en charge d'aphtes ou d'un autre trouble, il convient de consulter un médecin ou un pharmacien, seuls habilités à conseiller.

Que signifie l'acronyme NHS ?

NHS signifie National Health Service, le système public de santé du Royaume-Uni. Il finance et organise l'essentiel des soins en Angleterre, en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord, chaque nation disposant de ses propres structures administratives.

Le déremboursement de l'homéopathie est-il définitif en Angleterre ?

La décision de 2017 a été confirmée par le rejet du recours de la British Homeopathic Association devant la Haute Cour en 2018. Aucune source consultée ici ne signale de retour en arrière depuis, ce qui en fait à ce jour une décision stable. La bascule britannique de 2017 précède de plusieurs années le calendrier français, où le déremboursement s'étale jusqu'en 2021. Dans les deux cas, la décision publique repose sur l'absence de preuve clinique solide au-delà de l'effet placebo, non sur une interdiction de la pratique elle-même, qui demeure accessible en dehors de tout financement par les deniers publics.

Sources

  • NHS England, Items which should not routinely be prescribed in primary care, consultation de 2017. england.nhs.uk
  • Cochrane, revues systématiques et bibliothèque en libre accès. cochrane.org
  • National Health and Medical Research Council, Statement on Homeopathy, mars 2015. nhmrc.gov.au

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